Round 3 : Fin du match.

Courriel ce soir en arrivant à la maison (que je vous livre tel quel moyennant une anonymisation 😉 ):

 

« bonsoir monsieur

Auriez vous la gentillesse et vous est il possible  , comme proposé à mon avocat ( en copie de ce mail ) de supprimer purement et simplement 
mon nom et celui de ma marque : [nom de la marque]  de votre blog 

je vous confirme que je vous ai  j ‘ai bel et bien , par votre blog , invité à me téléphoner au [téléphone]

ce qui aurait évité , une lettre d ‘avocat  , une grande perte de temps ,
et aurait permis un dialogue civil et courtois
de nature à rétablir certaines vérites élémentaires.

peut etre n’ est il pas trop tard pour mieux faire ?

nous pourrions nous parler demain .

bien à vous

belle journée

FIDELEMENT
[nom]
[Rue]
[Ville]
TEL [numéro]
FAX [numéro]
[email]@laposte.net »

 

Ma réponse :

« Bonsoir,

Parfait, et vraiment, je n’ai jamais reçu ce message… Il a peut-être été filtré par le système anti spam qui protège les commentaires.

Quoi qu’il en soit, je m’attelle à la tâche. (Je n’aurais peut-être pas fini ce soir.)

Je ne m’attarderais pas sur les éventuelles vérités à rétablir :

  • Votre lettre EST truffée de fautes, point barre.
  • Après, que vous vendiez des services que d’autres sont prêts à acheter, c’est entre vous et vos clients. Tant qu’ils sont satisfaits, ou trop intimidés pour se plaindre… c’est leur problème. Je ne me suis jamais engagé sur cette voie (même si j’ai été contacté par certains).

Je peux difficilement mieux faire que :

  1. Accepter d’anonymiser cet article sachant que rien ne m’y oblige (comme votre avocat a dû vous l’expliquer).
  2. Vous conseiller vivement de revoir votre lettre de prospection, qui en l’état discrédite toute la profession des conseillers littéraires.
  3. Féliciter vos lecteurs auprès de qui vous faites relire les textes, et dont les retours (du peu que j’ai pu voir) sont fort justes.

En vous souhaitant bonne continuation dans cette profession de conseiller littéraire, que je respecte par ailleurs.

Cordialement, « 

 

___________________________

 

Il y a plein de leçons à tirer sur cette aventure :

  • Légales (il n’y a rien de plus subjectif que la « diffamation » dans la loi française)
  • Humaines (L’intimidation est une arme à double tranchant, ça passe… ou ça fait très très mal… préférez-lui  le dialogue et la réciprocité)
  • Psychologiques (Observez l’autre avant d’agir. Au moindre signe d’humour… fuyez ! Au mieux c’est le signe d’un esprit analytique, au pire celui d’un chieur de première, dans tous les cas : pas le genre à faire sortir de son hibernation.)
  • Geeks (n’attaquez jamais un geek de front, essayez encore moins de le biaiser en usant d’outils de communication informatiques => voir point suivant)
  •  Techniques (C’est fou ce qu’on trouve sur Internet, saviez-vous que l’on peut remonter jusqu’au port du DSLAM dans lequel votre ligne ADSL est branchée ? Ce qui dans Paris revient à vous localiser à 300m près. C’est couillon pour ceux qui envoient leurs courriels et postent des commentaires sous des identités différentes…)
  • Etc…

 

Mais ici, nous nous intéresserons uniquement à la leçon dramaturgique de la chose, à savoir :

Acte I (mise en place) : Le protagoniste ne demande rien à personne, travaille ses textes dans son coin, partage ses périples sur un blog.

Élément déclencheur : Il reçoit la lettre d’un avocat le mettant en demeure de supprimer un article oublié de tous au tréfonds de son blog. Il doit donc réagir (positivement ou négativement) et sortir de ses habitudes. Il décide de ne pas subir, ce qui le projette dans…

Acte II (confrontation) : La tension dramatique monte grâce au conflit et aux obstacles (la loi n’est pas si claire, les faits sont remis en question, les risques pénaux sont lourds). Le protagoniste progresse malgré tout, MAIS (climax médian) une seconde lettre arrive, loin d’augurer une fin heureuse. Le protagoniste insiste, brave les obstacles, et là…

Climax : Article 65 Loi de la liberté d’expression de 1881, Chap V, parag. 3… Il y a prescription sur les demandes en diffamation si celles-ci interviennent plus de 3 mois après la parution d’un article, or celui-ci date de 7 mois.  😉

Acte III (résolution) : Le protagoniste décide d’être magnanime, et moyennant une demande plus judicieuse, accepte de modifier l’article sans le supprimer. Il retourne ensuite à ses occupations, grandi par l’expérience et armé pour la partie juridique de son prochain roman (il faut savoir mutualiser les enfants, je viens de perdre trois semaines de corrections, il faut bien que j’en tire quelque chose.)

 

THE END

Choisissez votre poison :