Note

Les « textes à voix » comme leur nom l’indique, trouvent toute leur valeur lorsqu’ils sont parlés, et donc écoutés. Les liaisons, les élisions et leur rythme en général risquent de ne pas être retranscrits correctement par une simple lecture. C’est sans doute paradoxal pour un texte écrit, mais c’est aussi ce qui fait toute la force de la tradition orale et contée.

Description

Il n’y a pas de raison de toujours faire « du lourd », des fois il faut bien se détendre un peu, lâcher prise… Alors, celui-ci est plus guilleret, promis !

 

Moi j’aime marcher dans le cœur d’une ville grise et embrumée
Il n’y a plus de manière de style ou de démarche qui tiennent
Quand je me balade dans ses rues, la ville est mienne
C’est peut-être parce que je vois les choses différemment
C’est peut-être parce qu’au fond de moi il y a plein de choses que je comprends
C’est peut-être aussi parce que je suis né là au milieu du bitume
Que je peux naviguer dans la grisaille de la foule sans amertume
Je vois bien autour de moi toutes ces personnes pressées
Même que des fois j’ai envie de leur dire de s’arrêter
S’arrêter rien qu’un instant, un petit moment
Et puis comme moi se laisser aller, regarder les gens
C’est fou ce que tu peux découvrir quand tu te donnes la peine de regarder
Y a plein de choses qui se passent tous les jours le long de ton trajet
Regarde là-bas, tu les vois les deux tourtereaux ?
Ça fait deux semaines, tous les matins que lui il fait le beau
T’as remarqué, elle lui a soufflé un long bisou
À mon avis, cette fois, il a conclu ce petit filou.
Et là l’odeur dans tes narines, c’est de la croissanterie
Tu l’avais jamais vue, aller vas-y, prend toi une gâterie
Et le chien au coin qui fait ses besoins dans le caniveau.
C’est dans sa crotte que tu marches tous les matins en courant pour ton métro

Laisse-toi aller, laisse-toi rêver, l’espace d’un moment
avec ta ville, soit connecté même juste un instant
Si tu souris ou si tu pleures, tout ira bien
Peut-être que tu rencontreras un autre être humain
Laisse-toi aller, viens t’envoler, vas-y soit dément
Pour la première fois, sois toi-même au milieu des gens
Tu crains personne, il ne peut plus rien t ’arriver
T’es simplement en train de te laisser aller.

Mais oui, je sais bien qu’on peut pas toujours tout combiner
Métro, boulot, dodo il faut savoir assumer
Je te demande pas non plus de tout arrêter
Mais simplement de ralentir, de tempérer.
C’est quoi le drame si tu pars 5 minutes plus tôt ?
Elle est où l’embrouille si tu prends le prochain métro?
Et le soir c’est quoi qui te fait courir, l’idée du plumard?
Me dis pas que c’est pour pas louper un feuilleton ringard.
À toute saison, à toute époque la ville est belle
Même sous la pluie, moi je ralentis, elle m’ensorcelle
Et si des fois de plein fouet je suis touché
Tu verras même deux petites larmes sur mes joues couler
Y a pas de honte, c’est pas tragique d’aimer ce qui est beau
Même si des fois c’est juste une plume qui s’envole dans l’air chaud
C’est des petits trucs comme ça qui font que tu peux continuer
Sans finir dans dix ans totalement déprimé
Enfin moi je dis ça, je devrais même pas m’en mêler
Après tout c’est ta vie, fais ce que tu veux, c’est à toi de décider.
Moi je ne marche pas au même rythme que tout le monde
Je me laisse rouler, après tout la Terre est ronde
Et si des fois je souris béatement ou j’ai les joues humides
J’ai pas besoin de me regarder dans une glace, je sais que je n’ai pas l’air stupide.

Laisse-toi aller, laisse-toi rêver, l’espace d’un moment
avec ta ville, soit connecté même juste un instant
Si tu souris ou si tu pleures, tout ira bien
Peut-être que tu rencontreras un autre être humain
Laisse-toi aller, viens t’envoler, vas-y soit dément
Pour la première fois sois toi-même au milieu des gens
Tu crains personne, il ne peut plus rien d’arriver
T’es simplement entrain de te laisser aller.

Choisissez votre poison :